Le 9 avril 2026, le ministère de la Santé et le secrétariat général pour l’investissement ont annoncé le financement d’un projet inédit en France : la transformation du CHU de Montpellier en hôpital pilote « augmenté par l’intelligence artificielle ». Sur un budget global de 18 millions d’euros, 14,9 millions seront mobilisés pour déployer une IA hospitalière qualifiée de « souveraine, encadrée et réplicable ».
L’objectif affiché est de structurer, organiser et fiabiliser les données cliniques, biologiques et d’imagerie produites par l’établissement, afin de fluidifier les parcours de soins et d’aider les équipes médicales dans leurs décisions. Le caractère « réplicable » du projet est mis en avant : Montpellier doit servir de modèle pour d’autres établissements publics qui pourraient, à terme, adopter une architecture similaire.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale plus large. Selon un rapport de l’Académie nationale de médecine, près de 60 % des CHU et centres de lutte contre le cancer disposent désormais d’au moins un système robotique, dont une part importante intègre des modules d’IA. À l’hôpital de Beauvais, par exemple, un scanner doté d’intelligence artificielle est utilisé depuis 2024 dans la prise en charge de cancers ORL, avec des résultats encourageants en matière de qualité d’image. À Valenciennes, un algorithme anticipe désormais les temps d’attente aux urgences.
L’enthousiasme n’efface pas les interrogations. Plusieurs organisations syndicales, dont la CFTC Santé Sociaux, rappellent que la décision finale doit rester humaine et appellent à un dialogue social préalable à tout déploiement. La fracture numérique, la formation des soignants, la protection des données et l’évolution des métiers administratifs ou techniques figurent parmi les points de vigilance soulevés.
Pour les patients, l’IA promet des diagnostics plus rapides, des traitements mieux ciblés et un suivi à domicile renforcé. Pour les soignants, elle ouvre la perspective d’un allègement de certaines tâches répétitives. Mais comme le résument plusieurs experts, l’IA reste un outil : sa pertinence dépendra de la qualité des questions posées et de la rigueur de son encadrement éthique.