Cyberharcèlement : que faire, quelles preuves conserver et comment porter plainte ?

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Le cyberharcèlement ne se résume pas à quelques messages désagréables. Lorsqu’une personne subit de façon répétée des insultes, menaces, humiliations, rumeurs ou comportements hostiles en ligne, les faits peuvent relever d’une infraction pénale.

Le problème, dans la pratique, est souvent le même : la victime ne sait pas quoi faire en premier. Faut-il répondre ? Bloquer immédiatement ? Supprimer les messages ? Signaler le compte ? Porter plainte ?

La priorité est de préserver les preuves avant toute chose.

1. Ne supprimez pas les messages trop vite

Avant de bloquer un compte ou de demander la suppression d’un contenu, réalisez des captures d’écran.

Conservez notamment :

  • les messages reçus ;
  • les publications ou commentaires ;
  • le nom et l’identifiant du compte ;
  • l’adresse URL de la publication lorsqu’elle existe ;
  • les dates et heures ;
  • les éventuels échanges avec la plateforme.

Ces éléments pourront être utiles lors d’un signalement ou d’un dépôt de plainte.

Le site Service-Public rappelle que le cyberharcèlement constitue un délit et qu’une victime peut demander le retrait des contenus, signaler les faits et déposer plainte contre leur auteur.

2. Signalez le contenu à la plateforme

TikTok, Instagram, Facebook, X ou Snapchat disposent de mécanismes permettant de signaler un contenu ou un compte.

Il est important d’utiliser le dispositif officiel de signalement, et pas seulement d’envoyer un message au service client.

Gardez également une trace du signalement effectué.

3. Faut-il signaler les faits à PHAROS ?

Les contenus potentiellement illicites diffusés sur internet peuvent être signalés à PHAROS.

Le signalement peut être réalisé par une victime ou un témoin, majeur comme mineur. Lorsque les services compétents estiment que le contenu est susceptible d’être illicite, celui-ci peut être transmis aux autorités chargées de l’enquête.

Attention : PHAROS n’est pas un service d’urgence.

4. Un mineur peut-il signaler lui-même un cyberharcèlement ?

Oui.

Un mineur peut se présenter seul dans un commissariat ou une gendarmerie pour signaler les faits.

En revanche, certaines démarches indemnitaires devront être exercées par ses représentants légaux.

Le numéro 3018 accompagne également les jeunes victimes de violences numériques et leurs familles. Il est gratuit et accessible 7 jours sur 7.

5. Peut-on porter plainte ?

Oui.

Une victime peut porter plainte contre l’auteur du cyberharcèlement.

Si l’identité de la personne n’est pas connue, la plainte peut être déposée contre X. L’enquête pourra alors chercher à identifier l’auteur.

Il est possible de déposer plainte dans un commissariat ou une gendarmerie.

6. Le harcèlement doit-il venir d’une seule personne ?

Non.

Le cyberharcèlement peut également résulter d’actions coordonnées ou successives de plusieurs personnes.

C’est particulièrement important dans les phénomènes de harcèlement collectif sur les réseaux sociaux, lorsque des dizaines d’utilisateurs s’en prennent à une même personne.

7. Que faire concrètement ? L’ordre à retenir

Face à un cyberharcèlement :

1. Conservez les preuves.
2. Sécurisez vos comptes.
3. Signalez les contenus à la plateforme.
4. Signalez les contenus potentiellement illicites aux autorités lorsque cela est pertinent.
5. Demandez de l’aide si un mineur est concerné.
6. Portez plainte lorsque les faits le justifient.

L’erreur la plus fréquente est de vouloir tout supprimer immédiatement. Or une publication effacée peut devenir beaucoup plus difficile à documenter par la suite.

À retenir

Le cyberharcèlement n’est pas une fatalité numérique.

La loi permet d’agir contre les auteurs, mais aussi de demander le retrait de certains contenus.

L’essentiel est de ne pas improviser : preuves, signalement, recours, plainte si nécessaire.

Besoin d’aller plus loin ?

Le guide « Face aux réseaux sociaux — Vos droits et ceux de vos enfants » détaille les démarches à effectuer en cas de cyberharcèlement, de compte piraté, d’usurpation d’identité, de contenu non retiré ou de litige avec une plateforme.

Disponible sur Les Droits du Citoyen.